par Isabelle Touyarou, adhérente
Famille botanique : Ginkgoaceae, nom latin : Ginkgo biloba
C’est une espèce panchronique, c’est-à-dire qu’elle est présente actuellement et ressemble morphologiquement à des espèces éteintes, identifiées sous la forme de fossiles.
On parle de « fossile vivant » ou d’une espèce relique.
Les Ginkgos sont apparus il y a plus de 270 millions d’années et ont prospéré dans le monde entier. Ils n’ont survécu aux séismes du Crétacé (il y a environ 66 millions d’années) que dans quelques rares refuges au climat plus doux du sud de la Chine.
Là-bas, on retrouve certains spécimens qui auraient près de 3 000 ans et plus d’une centaine d’arbres ont plus de 1 000 ans.
C’est une espèce qui fut cultivée pour son intérêt ornemental et qui fut transférée au Japon et en Corée aux alentours du XIIème siècle.
L’Europe, elle, a découvert le ginkgo grâce à Engelbert Kaempfer, médecin et botaniste allemand, qui séjourna au Japon de 1690 à 1692 alors en mission pour la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Il fut le premier Européen à décrire cet arbre et il rapporta des graines ou des boutures de ginkgo.
C’est au jardin botanique d’Utrecht (Pays-Bas) que le premier ginkgo européen aurait été planté en 1730. Un pied de Ginkgo biloba fut planté au jardin des plantes de Montpellier en 1788 et en 1795 une bouture prise sur ce ginkgo fut plantée au jardin des plantes de Paris et ces deux arbres sont toujours vivants à ce jour.
Le ginkgo est un arbre dioïque, c’est-à-dire que chaque arbre est soit mâle soit femelle. Les sujets mâles présentent des inflorescences en chaton et les arbres femelles portent des ovules nus.
Le sexe d’un arbre est difficile à déterminer avant la production des organes de reproduction (ovules ou pollen). Un indice permet de le déterminer car les arbres mâles perdent leurs feuilles une quinzaine de jours avant les femelles et ils sont généralement de forme plus élancée.
Dans la nature, on peut compter en proportion trois femelles pour deux mâles. La plupart des ginkgos plantés en ville sont des mâles obtenus par greffage pour s’assurer qu’il n’y aura pas de production d’ovules nauséabonds.
Les vertus et caractéristiques du Ginkgo Biloba ont de quoi impressionner.
Son incroyable résistance aux pollutions et aux facteurs mutagènes lui ont permis de s’acclimater et de survivre à travers les âges et dans tous climats. On lui confère divers noms : Arbre de vie au Tibet, arbre de longévité et de loyauté en Chine, arbre pondeur au Japon, arbre aux quarante écus en France, en raison du prix payé, en 1788, par un botaniste français à un homologue Anglais en échange de cinq plants.
Selon le botaniste et biologiste Francis Hallé, le ginkgo serait un être vivant potentiellement immortel. Il n’a pas de prédateurs naturels, ni de parasites ou maladies. Un exemple extrême de sa résistance est le fait qu’il fut la première espèce d’arbre à repousser après l’explosion de la bombe atomique le 6 août 1945 à Hiroshima. Sept ginkgos survécurent aux radiations.
Certaines plantes ayant grandi dans des environnements extrêmes ont développé des particularités assez incroyables : certaines d’entre elles résistent aux brûlures, possèdent une capacité de régénération exceptionnelle et peuvent même parer le feu.
Il existe plusieurs de ces « arbres-pompiers » dans le monde. Le Ginkgo Biloba fait partie de ces espèces : en cas de présence d’incendie, l’arbre fait affluer la sève vers ses extrémités, le rendant ainsi très difficile à brûler. Les temples bouddhistes et japonais s’entourent d’ailleurs de cet arbre afin de se protéger des incendies.
Le Ginkgo biloba est aussi prisé depuis des millénaires en médecine traditionnelle chinoise. La première vertu du ginkgo identifiée par la science est son pouvoir de régularisation de la circulation sanguine. L’extrait de ginkgo dilate les artères quand elles sont bouchées ou rétrécies et les rétracte si elles sont trop dilatées. Il est à la fois, suivant l’état du système sanguin, vasodilatateur ou vasoconstricteur.
Des chercheurs ont eu l’idée d’étendre l’utilisation du ginkgo au traitement de certains
dysfonctionnements cérébraux. Pour comprendre, nos cellules sont faites d’atomes, des noyaux autour desquels gravitent des électrons. Ces électrons sont liés 2 par 2 avec une force magnétique, mais il arrive qu’un électron célibataire s’arrache à l’attraction du noyau central. Ces particules, appelées les radicaux libres, partent à la recherche d’autres électrons auxquels s’appareiller et dans leur course dévastatrice ils endommagent les cellules voisines. On sait que les radicaux libres sont impliqués dans un très grand nombre d’états pathologiques, le vieillissement, de nombreuses maladies dégénératives et neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer mais aussi en rhumatologie ou dans le domaine cardiovasculaire.

L’extrait de Ginkgo biloba (EGB) comprend 2 sortes de principes actifs : des flavonoïdes et des terpènes qui ont des effets qui sont différents mais complémentaires et souvent synergiques.
En étudiant les flavonoïdes et les terpènes, les chercheurs ont découvert qu’ils étaient capables en quelque sorte de piéger les radicaux libres, en d’autres termes de ralentir le mécanisme d’entropie ou de dégénérescence qui fait glisser chaque organisme vivant vers sa propre mort et ainsi d’expliquer l’invraisemblable résistance du ginkgo.
Sources :
- documentaire : « l’indestructible Ginkgo », Eric Gonzalez
- article «L’histoire du Ginkgo Biloba, l’arbre le plus mystérieux de toute la création». Joel Bruffin,

