Francis Hallé, grand explorateur des maitres du temps

par Isabelle Touyarou, adhérente

Le 31 décembre dernier disparaissait le botaniste et biologiste Francis Hallé.
Si vous ne connaissiez pas ce grand curieux et émerveillé du monde végétal,
je vous invite à l’écouter sur France Inter dans «Le temps d’un bivouac»,
l’émission du 28 juillet 2023 appelée «Escapade en forêt avec Francis Hallé»
(lien ici).

Vous y découvrirez que les arbres peuvent être timides, qu’il existe des plantes qui dansent, un arbre à pluie ou encore des lianes en mode «camouflage».

«Parcourir un jardin c’est déjà faire un voyage.»


Vous découvrirez les envoûtants parfums de la canopée depuis son radeau des cimes, là où il a recensé la plus grande biodiversité et il vous parlera de son dernier projet : faire renaître une forêt primaire en Europe de l’ouest.

«Ce qui est intéressant c’est le réel, le vivant.»

Il vous apprendra la différence entre semer et planter.

Celui qui en parle le mieux, c’est son ami Marc André Selosse. biologiste spécialisé en botanique et mycologie que certains d’entre nous connaissent.

Francis Hallé nous a-t-il quitté ?

Oui, peu avant la première heure de 2026, entouré des siens, et
Non. Son travail scientifique, en particulier autour de l’architecture des plantes et du
radeau des cimes, reste source d’inspiration et de travaux pour de nombreux scientifiques.

Les générations d’étudiants qu’il a formées et enthousiasmées à la botanique, notamment aux forêts tropicales, sont maintenant actives.

Ses lecteurs du grand public, émerveillés depuis ‘l’Éloge de la Plante’, cheminent encore vers un végétal renouvelé sous sa plume !

Et puis sa pensée avait évolué et il nous laisse des textes sur la tropicalité ou la beauté – beauté infusant d’ailleurs dans ses dessins botaniques qui illustrent ses ouvrages et qui avaient été mis à l’honneur par la Fondation Cartier en 2019.

Ce Francis-là, artiste et esthète, il ne peut mourir non plus, tant qu’on peut le regarder.

Nous perdons quand même, malgré de nombreux enregistrements, sa voix, son style narratif lent et saisissant, parfois pas content, et ses discussions enjouées.

Tiens, un souvenir de Livres en Marches en 2024. (lien ici).


J’ai perdu un ami (avec des discussions si riches, pas toujours d’accord mais toujours joviales) et un mentor, dans sa façon de dire et de se renouveler en puisant dans la littérature scientifique.

Sa voix avait progressivement, de la botanique, gagné le champ de la protection des écosystèmes, notamment forestiers.

Et justement, il nous reste son projet de forêt primaire européenne, portée par l’Association Francis Hallé pour la forêt primaire : quand une telle forêt verra le jour, Francis aura gagné une forme d’immortalité.
Association Francis Hallé pour la forêt primaire – Faire renaître une forêt primaire en Europe de l’Ouest

En attendant, Francis, ton rire affectueux me manque cruellement.

Nombreux sont les adhérents d Uni-vers Bois qui expriment le plaisir qu’ils ont à côtoyer le bois matière vivante. Ils apprendront que les arbres sont nos ancêtres et que nous devons prendre soin d’eux. C’est ce qu’ont entrepris, une de nos adhérente Léa, qui se forme au métier d’élagueuse et un groupe d’adhérents, passionnés par cette étonnante réalité. Ils vous proposent de découvrir cette filiation au travers d’infos brèves, surprenantes, que nous avons intitulé « les brèves de Léa ».