par Jacques LEROY, directeur de l’EHPAD La Maison des Ombrages,
Le bambou, bien plus qu’une simple plante, est un véritable écosystème à lui seul. Sa croissance rapide, sa résistance exceptionnelle et sa polyvalence en font un allié précieux dans la lutte contre le changement climatique et la promotion d’un développement plus durable.
Les bambous sont des plantes à fleurs monocotylédones appartenant à la famille des Poaceae (graminées), sous-famille des Bambusoideae. Le bambou est donc bien une herbe et non un arbre. Contrairement aux herbes typiques, il développe des tiges ligneuses qui lui confèrent une apparence d’arbre. Ces tiges, souvent creuses, sont composées de segments appelés entre-nœuds, séparés par des nœuds. Elles ont une croissance extrêmement rapide.
Adaptation et répartition géographique
Les bambous sont des plantes très adaptables. Ils peuvent pousser dans une grande variété de climats, allant des tropiques humides aux régions tempérées. On les trouve naturellement sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.
Diversité des espèces
Il existe environ 1 000 espèces de bambous, présentant une grande diversité de tailles et de formes :
– Les plus grands bambous peuvent dépasser 30 mètres de hauteur, ce qui en fait des matériaux de construction précieux.
– Le plus petit bambou connu, Raddiella vanessae, ne mesure que 1 à 2 centimètres de haut.
Une ressource inépuisable et performante
– Croissance fulgurante : Le bambou est l’une des plantes à la croissance la plus rapide au monde, certaines espèces atteignant jusqu’à un mètre par jour. Cette rapidité en fait une ressource renouvelable exceptionnelle.
– Résistance et flexibilité : Sa structure fibreuse unique lui confère une solidité remarquable, surpassant même l’acier dans certaines applications, tout en conservant une grande flexibilité.
– Polyvalence : Le bambou se transforme en une variété infinie de produits : matériaux de construction, textiles, aliments, papier, objets du quotidien, biocarburants…
Un Champion de l’Environnement et un Allié Contre le Changement Climatique
–Puits de carbone : Une bambouseraie absorbe jusqu’à 12 tonnes de CO2 par hectare et par an soit 30 % de plus qu’une forêt de feuillus, contribuant activement à la réduction des gaz à effet de serre. CASSA Clima cadre la génération de crédits carbones à partir de la plantation de nouvelles bambouseraies. Ce principe de crédits carbones est largement envisagé par les acteurs du bambou à travers le monde, et vient apporter une opportunité économique complémentaire de développement de la filière bambou.
– Régénération des sols : Son système racinaire dense stabilise les sols, prévient l’érosion et favorise l’infiltration de l’eau, améliorant ainsi la qualité des sols.
– Phytoremédiation : Le bambou peut être utilisé pour dépolluer les sols en éliminant les toxines du sol (métaux lourds ou d’autres substances toxiques), sans nécessiter d’engrais ni de pesticides.
– Faible consommation en eau : Sa culture nécessite peu d’eau, ce qui en fait une alternative intéressante dans les régions arides.


>>La densité d’un matériau calculée en masse volumique (kg/m³) est liée à la résistance de ce matériau au poids. Le bambou est plus dense que le pin et aussi plus dense que le chêne.
>> La contrainte ultime en traction axiale mesure en MPa (mégapascal) la résistance des matériaux à l’élongation. Le bambou est le matériau le plus résistant à l’élongation. Il est trois fois plus résistant que le chêne.
>> La contrainte ultime en compression axiale, en MPa, sert à prévoir les comportements des zones comprimées qui devront supporter des efforts. Le bambou est plus résistant à la compression que les trois autres matériaux.
Précautions et Conseils
Le bambou est sensible à l’humidité et aux insectes. Un traitement adapté est donc recommandé. Pour contrôler son expansion, il est conseillé de faucher régulièrement les rhizomes qui dépassent les limites définies.
Conclusion
Le bambou, avec ses multiples atouts, s’impose comme une ressource d’avenir. Son potentiel est immense, et son utilisation à grande échelle pourrait contribuer significativement à un développement plus durable.

